Perturbation et fraisiers

Bonjour. J 'ai commencĂ© Ă  terrasser, dĂ©sherber, amender, clĂŽturer mon espace de plantation (50mÂČ pour l’instant) au printemps/Ă©tĂ© 2025, et planter Ă  l’automne , et printemps 2026.Je suis dans le Gard. Lors de ma 1Ăšre perturbation il y a 2 semaines, je me suis retrouvĂ©e devant un problĂšme: celui de ne pas recouvrir ma production de fraisiers, avec la biomasse que je remets au sol. Le problĂšme va se poser avec les patates douces Ă  la prochaine perturbation. Comment faire pour ne pas les Ă©touffer? A part mettre la biomasse en bordure et autour, mais on rate l’intĂ©rĂȘt de la perturbation lĂ .

Bonjour HélÚne,

Peut-ĂȘtre peux-tu prĂ©ciser un peu ton design, comment tu as agencĂ© tes plantations et quelles sont elles ? Peut-ĂȘtre quelques photos pour y voir clair ?
Quel est l’intĂ©rĂȘt qui est ratĂ© pour toi si tu reposes en bordure et autour ? Les intĂ©rĂȘts de la perturbation sont multiples.
En tout cas, personnellement, je repose Ă  cĂŽtĂ© des plants, ou au milieu de ma ligne, ou sur les cĂŽtĂ©s en fonction de la place qu’il y a et du besoin qu’il y a au niveau couverture du sol.

Bonjour,

Une solution peut consister à placer 20 cm de foin au-dessus des pommes de terre juste posées sur le sol au moment de leur mise en place.

Avantages : facilitĂ© de mise en place, protection contre l’évaporation, ramassage facilitĂ©.

Inconvénients : risque de multiplication des limaces en cas de manque de biodiversité.

Pour plus d’informations voir le site sur Youtube le potager du paresseux

Pour les fraises j’aurais plutĂŽt tendance Ă  les implanter sur une planche spĂ©cifique toujours sous 20 cm de foin

Bonsoir HélÚne,

Pour ma part, je suis du mĂȘme avis que le 1er commentaire. Je repartis la biomasse de ma perturbation en fonction de l’espace que j’ai et donc si je n’ai plus de place, je dĂ©pose un peu plus loin ou dans la bordure. Je pars du principe que la perturbation a aussi pour intĂ©rĂȘts de provoquer le saut du chat et rendre les plants plus rĂ©sistants mais pour la quantitĂ© de biomasse, il me semble qu’il est difficile d’estimer quelle valeur en apport de matiĂšre organique cela reprĂ©sente et le besoin de chaque plante donc pour moi, le dĂ©pĂŽt ne doit pas systĂ©matiquement ĂȘtre Ă  l’endroit oĂč l’on a taillĂ©. L’équilibre peut se faire dans le temps. Ce n’est pas pour moi une science exacte. C’est une rĂ©ponse gĂ©nĂ©rale mais je pense qu’il serait Ă©galement intĂ©ressant de connaĂźtre la composition des planches.

Bonne soirée.

Françoise

Bonjour HélÚne,

Je rajouterai aussi que si on diminue le rapport volume/masse de biomasse Ă  mettre au sol en fragmentant d’avantage, on va pouvoir mettre davantage de biomasse pour une plus petite surface. Pour exemple, je passe la consoude souvent dans la tondeuse car en la fragmentant grossiĂšrement Ă  l’opinel serpette ou le sĂ©cateur, elle reste encore trĂšs « encombrante Â». C’est ce que dĂ©crit AnaĂ«lle ThĂ©ry. Il me semble qu’elle passe directement la tondeuse sur ses consoudes pour les perturber. J’ai la chance d ́avoir un broyeur et je l’utilise souvent pour les espĂšces encombrantes et plus lignifiĂ©es comme la tanaisie. Je pense que cela pourrait fonctionner Ă©galement avec le tournesol et le maĂŻs. Le volume est nettement moins important pour une masse Ă©quivalente et donc beaucoup plus facile Ă  repartir sur une petite surface de sol. J’avoue que c’est moins « Ă©colo Â» et moins en accord avec la notion de l’animal humain qui perturbe directement avec ses mains mais ça reste assez pratique.

Bonne journée.

Bonjour,

Je profite de cette discussion, car on y parle limaces, pour vous posez une question.

Je cultive depuis 3 ans maintenant un jardin en syntropie, qui fonctionne plutĂŽt bien Ă  mes yeux concernant les vivaces, les arbres et arbustes. Le cĂŽtĂ© potager est cependant trĂšs limitĂ© par une abondance incroyable de limaces qui dĂ©vorent en une seule nuit tout ce qui ressemble Ă  un lĂ©gume, qu’il soit en mini-motte ou en semis (exception faite des alliacĂ©es, maĂŻs et plants dĂ©jĂ  grands). Je ne suis sur le jardin qu’une fois par semaine et ne peut pas agir sur le lieu plus souvent. Le lieu est clĂŽturĂ©, sans hĂ©risson.

Auriez-vous des conseils pour limiter la pression des limaces, ou augmenter la prédation sur celles-ci?

Merci pour vos réponses.

Bonjour,

Je suis en Normandie en climat ocĂ©anique et j’ai toujours eu Ă©normĂ©ment de limaces au printemps surtout quand les hivers Ă©taient trĂšs doux ce qui est souvent le cas dans ma rĂ©gion. Or, depuis 2 ans, je n’en ai quasiment plus. Le peu de plants qui sont dĂ©vorĂ©s sont ceux qui sont en mauvaise santĂ©. La disparition des limaces coĂŻncide avec l’installation de nombreuses haies sĂšches Ă  proximitĂ© du potager. Or, j’ai lu que les principaux prĂ©dateurs des larves de limaces Ă©taient les carabes et que l’habitat de ces derniers Ă©taient les tas de bois. Ceci reste une hypothĂšse et je n’ai pas la prĂ©tention d’avoir trouver la solution. J’ai Ă©galement lu qu’il Ă©tait assez efficace d’encercler les plants avec du gaillet gratteron mais je n’ai pas encore tester cette mĂ©thode.

Bonne journée.

Françoise

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Extrait du livre de Vincent Albouy : Plus de biodiversité, moins de ravageurs.

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Bonjour,

Je pense qu’il y a diffĂ©rentes solutions Ă  combiner pour ĂȘtre en bon terme avec les limaces. Parmi elles :

  • Leur offrir le gite et le couvert : prĂ©voir des plantes pour les sustenter, cultiver de maniĂšre Ă  ce que des champignons se dĂ©veloppent (agroforesterie).
  • Offrir le gite aux prĂ©dateurs
  • DĂ©caler nos semis/plantations de sorte Ă  ce que cela coĂŻncide avec une pĂ©riode de moindre pression des gastĂ©ropodes. Je relisais un livre Ă  propos du peuple Kogis (Les Indiens Kogis: La mĂ©moire des possibles) et il y a une partie qui parle de l’agriculture. Les Mamu, qui sont les autoritĂ©s spirituelles masculine, connaissent bien les cycles qu’ils sont en mesure de dĂ©finir les dates de semis afin de passer au travers des ravageurs. Ainsi, ils retardent gĂ©nĂ©ralement les semis par rapport Ă  la pĂ©riode idĂ©ale.
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