Bonjour,
Question méthodologie, cela varie beaucoup en effet en fonction des essences.
J’ai testé chez moi les très grosses boutures (sureau, peuplier) enfoncées à la masse ou à la massette, directement dans la prairie.
Chez moi le taux de réussite est faible. Mais je sais que cela fonctionne mieux ailleurs : un ami a 2 piquets de peuplier sur 10 qui ont repris. Ce n’était pas intentionnel de sa part. Les piquets faisaient plus de 10cm de diamètre et étaient taillées en pointe, enfoncés à la masse, ébranchés…
En condition difficile, sol moins vivant, je fais un trou profond pour ces boutures (60cm au moins pour un peuplier, même de petit diamètre), le taux de réussite est bien meilleur.
Il y a les stratégies de boutures “debout” (plançon) pour faire directement un arbre, ou couchée (ou presque, à 30 ou 40°) pour inciter à une multitude de rejets vigoureux tout le long.
Cette dernière technique fonctionne par exemple avec des sauges officinales ou des menthes ou du romarin, dont on peut coucher l’axe principal en terre quand elle ont fait tout plein de petits rejets perpendiculaires tout le long d’une tige. On valorise alors une stratégie naturelle de bouturage de la plante.
Pour tout ce qui est petites plantes, je prépare soigneusement le sol par un grelinage et un désherbage et je bouture tous les 10 cm en tout sens.
Pour les ligneux, je procède dès la chute des feuilles jusque février. Attention aux floraisons hivernales qui consommeraient l’énergie de la bouture (chèvrefeuille odorant, romarin…)
Pour les petites plantes, je vérifie que le cambium soit bien vert pétard. Selon la saison, les températures, on peut bouturer l’automne et toute une partie de l’hiver. Puis à nouveau au printemps au retour de la sève.
Cela dépend aussi des modalités de boutures.
Si je bouture une tige de mélisse par exemple, la fenêtre de bouturage est restreinte, la tige ne reste pas longtemps bien en sève.
Alors que si on pratique la bouture “à l’arraché” : en tirant sur une tige sèche de façon à arracher une petite botte de feuilles et de racines, on peut bouturer pratiquement sans discontinuer de l’automne au printemps. Le pied mère perd en densité mais gagne en vigueur au printemps, la place libérée est très vite de nouveau occupée.
Enfin pour l’arrosage, je n’ai pas de pratique générale : cela dépend du temps et c’est très variable d’une année sur l’autre. Globalement, ces plants ne reçoivent chez moi pas d’arrosage en dehors des canicules, si je les sens menacés, cela dépend, je fais au ressenti.
L’avantage de planter tôt en saison (idéalement en automne) est de permettre un développement racinaire de quelques mois supplémentaires : je l’ai vu en pépinière, les plants racinent tout l’hiver, même sans feuille.
Voilà pour mon expérience,
Une petite idée du contexte : sommet de coteau argilo-calcaire, ancienne prairie surpâturée, exposition sud-ouest, exposé au vent, 800mm en moyenne sur l’année.
Ce sont des conditions assez difficile, mais la bouture directe fonctionne malgré tout.
D’autres stratégies de bouturage à partager ?