Bonjour,
Avec toutes la matière que l’on mets chaque année faut il faire de la rotation dans le potager syntropique.
Je suis en tortue abeille moitié pérenne biomasse petit fruit et l’autre potagère.
Florent du jardin sans mot
Bonjour,
Avec toutes la matière que l’on mets chaque année faut il faire de la rotation dans le potager syntropique.
Je suis en tortue abeille moitié pérenne biomasse petit fruit et l’autre potagère.
Florent du jardin sans mot
Bonjour @Florent
Comme bien souvent, la réponse va être tout dépend ![]()
Déjà , l’intérêt de faire des rotations en agriculture est double :
Si on par du principe que la syntropie tient toutes ces promesses, c’est à dire que le système est auto-fertile et qu’un équilibre se forme entre les “bio-régulateurs” (ravageurs, maladies etc.) et les auxiliaires, qui implique ne plus intervenir avec des traitements, alors sur le papier faire des rotations ne servirait plus à grand chose.
Cependant, si on regarde d’un peu plus prêt un système potager / maraîcher, voilà ce qui se passe :
Sur l’aspect bio-régulateurs
Bon déjà , si tu as un petit terrain, que tu mettes tes cultures sur un autre espace 25m plus loin, cela ne va pas changer fondamentalement grand chose au niveau des bio-régulateurs. Donc à moins d’avoir vraiment beaucoup d’espace, et bien les rotations ne vont pas y changer grand chose.
Sur l’aspect fertilité des sols
Un légume qu’est-ce que c’est ? Et bien c’est un paquet de nutriments qui vont être concentrés par la plante dans son fruit (le légume). Et en mangeant tout ça, et bien on exporte tous ces nutriments de son sol.
La haute diversité et la taille de perturbation vont permettre de remobiliser certains nutriments du sol et les rendre de nouveau disponibles pour les cultures suivantes (si la théorie est s’applique bien dans le concret).
La présence (ou l’absence) de ces minéraux va jouer un rôle essentiel sur la bonne santé des plants de légumes, on ne peut donc pas vraiment s’en passer si on souhaite créer des systèmes en bonne santé sur le temps long.
Dans l’idéal, il faudrait que boucler le cycle de la fertilité, en restituant systématiquement nos selles compostées à notre espace de culture (ainsi que nos squelettes si on veut aller jusqu’au bout de la réflexion).
Si on maintient un système avec des légumes, sur légumes, sur légumes, sans le laisser évoluer vers la forêt, et bien j’ai bien peur que notre système nécessitera tôt ou tard des intrants extérieurs.
Le Vivant a trouver une bonne solution pour cela : La succession naturelle ! Et c’est là que je me questionne sur les limites possibles d’un potager / maraichage syntropique qu’on ne laisserait pas évoluer vers un système agroforestier, et qu’on chercherait à maintenir en stade placentaire en permanence.
En conclusion
Faire des rotations, ça ne mange pas de pain. Avoir différentes plantes qui ce succèdent sur une même planche, cela sera toujours mieux que de faire année après année la même plante sur le même espace.
La véritable question est plus pour moi, peut-on se passer de succession (car la rotation du vivant c’est la succession naturelle quelque part) ? Et là j’aurais tendance à dire plutôt non, bien que cela reste encore à démontrer dans la pratique.
Pour aller plus loin
Au sein de Destination Syntropie, on a lancé un groupe de travail avec des maraîchers qui souhaitent répondre à ces questions. Leurs expérimentations permettront de fournir des réponses à terme à ta question ![]()
On va aussi lancer prochainement un groupe de recherche participative citoyen.nes ! Cela pourrait être aussi l’une des questions étudiées ![]()
Belle journée à toi ![]()
Lucas, de Sila Ecosystem - Formateur et Paysan-Chercheur en agroforesterie syntropique
·
![]()
·
Merci pour ce retour détaillé ![]()
Merci également, pour la réflexion et le partage.