- Bonjour à tous,
Je nous invite à l’observation collaborative.
Si cet été est particulièrement difficile, c’est aussi l’occasion parfaite d’observer les essences dans nos systèmes et dans les paysages alentours qui se montrent les plus robustes aux traumatismes météorologiques majeurs que nous traversons.
Une note pour relativiser avant tout, bien entendu :
- il y aura bien sûr dans nos observations des contextes qui interdisent de généraliser tout à fait, précisons le contexte pédoclimatique
- beaucoup d’arbres qui ne présentent pas de symptômes à ce jour peuvent hélas dépérir dans les années qui suivent
- il est important de noter l’âge approximatif du sujet : les jeunes germés, les jeunes de quelques années, les matures et les sénescents ne réagissent pas de la même façon
- notre observation ne doit pas s’arrêter à un seul sujet : sur un trio de micocouliers plantés ensemble et traités de la même façon, j’observe des comportements différents
- enfin, ne perdons pas de vue que ce critère majeur pour l’avenir ne demeure qu’un critère parmi d’autres : chez moi, il faut aussi que les essences tolèrent l’hydromorphie en hiver…
Ces précautions prises, voici les observations chez moi
J’en profite pour partager à ceux que ça intéresse un plus ample retour d’expérience sur la page « urgence climatique » de mon site lespoussesvives.fr
Contexte PedoClimatique
sommet de coteau argilo-calcaire, ancienne prairie surpâturée (très peu de matière organique), exposition sud-ouest, exposé au vent, 800mm en moyenne sur l’année, grande variabilité d’une année sur l’autre.
Hydromorphe en hiver, gelées jusque -10°
Sec et failles de rétractation en été, températures jusque 40°
Plantes Biomasse & Ombrage
- Sophora du Japon
Plusieurs sujets de 1 à 4 ans, exposés plein soleil. Tenue à la sécheresse assez exceptionnelle chez tous les sujets, sans doute grâce à l’extraordinaire pivot qui me donne tant de mal en pépinière.
Certains finissent ces temps ci par présenter un peu de jaunissement sur quelques feuilles. A suivre d’ici la fin de l’été. Croissance bonne malgré les conditions. - Chêne vert Ballota
Croissance très lente mais tenue excellente, 1 seul petit arrosage pour des plants plantés cet hiver, et qui n’ont pas pâti non plus de l’hydromorphie. Exposés plein soleil. Prometteur, mais pour la biomasse c’est du long terme… - Orme
Germination spontanée d’une soixantaine de sujets au cours de ce printemps dans la prairie, exposés plein soleil. Tenue exceptionnelle de ces petits plants de 30 à 40cm, pas de brûlure de feuille, pas de dépérissement lié à la sécheresse, seulement un début de jaunissement sur certains plants qui leur a valu un premier arrosage ces derniers jours (fin juillet 2026). Les sujets plus âgés (4 ans) présentent un peu de jaunissement. Croissance rapide. - Cormier
Attention je n’ai qu’un sujet de référence ici. Cormier greffé Duncat sur Sorbier. Plant de 3 ans exposé plein soleil, une résistance à toute épreuve, feuilles bien vertes foncées, pas de brûlure, pas de signe de soif, croissance magnifique, je suis bluffée. Duncat est une variété italienne mais j’ai tendance à croire que les cormiers de semis seront robustes également, à tester. - Frêne (excelsior)
De grands contrastes selon le sujet. Les plus beaux et vieux sujets (30 ans et +) accusent désormais des brûlures sévères et pertes de feuilles sur la part du houppier la plus exposée. Ceux de 3 à 5 ans sont magnifiques, bien poussant, sans signe de faiblesse malgré le plein soleil.
Les germinations en pleine terre étaient belles jusque tard, mais ces petits plants de 10cm germés au printemps souffrent désormais de la sécheresse et demandent à être arrosés. - Micocoulier
De jeunes sujets de 1 à 2 ans, pas encore très poussant, peut-être le deviendront-ils (ils sont en train de s’implanter). Variabilité chez les sujets, parfois du jaunissement (non uniforme, peut-être de la chlorose induite par la sécheresse) mais globalement une essence qui demande peu de soin dans les conditions hostiles, exposés plein soleil. Certains, aux feuilles vert pétard comme en plein printemps, semblent indiquer une espèce prometteuse pour l’avenir. - Aulne de Corse
Essence poussante qui ne présente pas de brûlure, mais chez les sujets, encore jeunes (2 à 4 ans) le besoin d’eau se fait sentir plus tôt que la plupart des autres essences citées. Pourtant le sujet le plus âgé (plus de 5m de haut pour sa 5e année en place) ne montre pas sa soif, mais il bénéficie de l’arrosage (parcimonieux) du potager à son pied, donc prudence.
Jaunissement et perte de quelques feuilles, mais bonne tenue dans l’ensemble. - Erable champêtre
Aucune brûlure sur les essences légèrement ombragées, brûlures sur certains plants implantés cet hiver qui sont exposés plein soleil. Mais excellente tenue à la sécheresse et aux chaleurs, même chez les très jeunes sujets. Prometteur il me semble.
Je n’ai pas assez d’érable opale pour faire un retour, mais il irait dans le même sens.
Je n’ai pas testé l’érable de montpellier mais il me semble bienvenu. - Olivier
Essence exceptionnelle, tolère le froid et l’hydromorphie ; capable de résister sans soutien et sans montrer de signe de faiblesse à ces conditions extrêmes. C’est vrai pour les plants de l’année, de 2 ans, de 4 ans comme pour celui de 20 ans. Croissance lente. - Sorbier
Une essence prometteuse, mais attention, chez moi les jeunes sorbiers (2 et 3 ans) sont passé très vite d’un état impeccable à un jaunissement et brûlures importantes. Cet arbre que j’ai vu magnifique en forêt diversifiée doit apprécier une certaine ombre. Malgré tout il me semble prometteur et j’attends de voir comment se comportent les sujets bien installés. - Tetradium daniellii
Attention, je n’ai qu’un sujet pour cette observation. Planté dans une haie, cassé en Aout 2025 lors d’une violente tempête, il a rejeté fortement et ne semble pas perdre en vigueur. L’arbre est enraciné de 4 ans, il est dans une haie. A suivre. - Peuplier
On pourrait penser qu’il n’a pas sa place en sommet de coteau argilo-calcaire séchant… pourtant les plançons installés cet hiver (désormais suivis et arrosés) ont tenu longtemps sans soin avant de montrer des signes de faiblesse. Mais ce que je retiens ici, c’est la robustesse impressionnante des sujets (plançons) de 2 et 3 ans installés le long de baissières. Ils sont en plein soleil et n’ont reçu absolument aucun arrosage. Ici il a plu 11mm depuis début juin (2 mois et 3 vagues de chaleur, on démarre la 4e). Il sont beaux, bien vert (quelques rares feuilles jaunes) et sans signe de souffrir du manque d’eau.
Voilà pour un premier retour,
Et vous, c’est comment par chez vous ?